dimanche 26 mai 2013

Prends tout









Je propose un pacte à la nuit qui me refuse son étreinte
Un marché clair conçu d’un cœur faible mais résolu de bonté
Pour l’enfant oublié dans ses paysages ocres et brûlés de pleurs
Pour son sang gavé de mort hérité de l’indifférence d’un ancêtre
Je propose un pacte à ce regard qui se fige dans la glace
Et qui dans ses propres yeux cherche le voleur à abattre
Pour espérer moins pour lui-même et davantage de chaleur à l’inconnu
Celui que l’on craint de revoir transformé aux amours désintéressés
Au prends tout et oublie jusqu’à mon nom de ni vu ni connu
Prends la douceur des espérances et des chants qui construisent

samedi 18 mai 2013

Guérir


Guérir




Les cris se sont ouverts comme des cathédrales à l’abandon

Des flocons de sable rose suspendus de leurs toits sans mémoire

Par ici les infirmières aux vaccins de douceur et de poudre d’étoile

Les fées et les anges commis aux plaies éventrées

Dans leurs mains la grâce et la tendresse du Père des lumières

Leur souffle pain d’épices qui rappelle  l’étreinte des louves

Guérir contre leurs corps absous des châtiments délétères


Demain, dans ce soleil d’enfance qui embaume le corps des sapins

Je te couvrirai du linceul de la victoire d’acier canonisé

Dans le fracas des hymnes et des tristesses maléfiques

Nous rirons ensemble d’être poussière et enfants du Très-Haut

Tu danseras de feu pour peindre ton dernier mouvement

Sur l’or des palissades, à l’aube de la nouvelle Jérusalem…






















samedi 11 mai 2013

Foudre et forêts



 
 
Il n’y aura plus de nuages pour venir coiffer les forêts
Autant que toi, ils voyageront sans doute ailleurs
Leurs rondeurs et leurs liquides faussement coupables  
Auront accepté l’exil avec grâce, comme châtiment à leur innocence
Mais ils se savaient utiles et leurs plaies seront toujours fraîches

Ils ne reviendront hélas plus jamais rafraîchir les sécheresses
Ni scier de foudre les feuillus centenaires et les sapins au trépas
C'est désormais en décadence consentie que s'avaleront les secondes
Au siècle du moi métallique, la vengeance nourrie la panse des grenades
Ils sont pourtant déjà faméliques drapés dans leurs oriflammes calcinés

Nous resterons blottis, intègres dans l'étreinte du dernier Consolateur
Dépouillés des souffrances vampiriques que trafiquent les idoles
Planeront nos vies d'éther d'avoir abandonné nos hommeries sauvages
Sa puissance sera notre faiblesse pleurée à coup de confessions lucides
Entendues dans les lieux très hauts où les séraphins explosent en louanges


Nous ne posséderons plus que des instants à genoux devant les murailles
Des brindilles d'étoiles sur les yeux clos de nos têtes pieusement courbées
À Toi, qui a revêtu chaque grain de blé et rempli les mers de miracles…


L'heure




Rire de soi, de ses défaillances, rire de n'être plus drôle
De se battre juste assez pour suivre et éviter l'oubli
Alors que la jeunesse exige tout et détourne le regard
Nous  transportons pourtant toujours ces souvenances de beauté
Ces avants fulgurants, incrustés dans un coeur qui explose
Qui ne réclame ni âge ni espace, mais cet infini qui l'enveloppe
Qui croit en Dieu et qui le cherche malgré la honte qui demeure
C'est d'être un homme à son heure, plus près du royaume

Et l'heure approche, sans s'annoncer, comme le sang trahi des pauvres
Il n'y aura pour l'accompagner qu'un roi et une question
Et avec eux… la tempête et la fin des hurlements sans réponse
Le jugement dernier pour chaque horreur et des bonheurs vanille
Des joies pures, des extases sanctifiées, et ces âmes à la traine… 

jeudi 9 mai 2013

Et puis quoi?




Aujourd'hui, une étincelle, et puis quoi ?

Je quitterais pour un  sommeil introuvable

Derrière l'écho des pleurs avec les cyclopes

Je suis à l'instant nul et neutre à l'arrêt

Pas de peine pas de joie aucune attente

Je me lime l'âme, le coeur résigné aux travers

Bien sûr ta résonnance, dans mon sang , entre mes tempes

L'inexplicable nécéssité d'espérer sous la puanteur des croix

J'avance loin de la couvée, le dos à découvert, parano

J'en témoigne comme une icône pure et respectée

 En comédie vide à pleurer ma soif de vivre chez toi

J'attends et j'espère comme l'étincelle aspire au brasier

Patience...j'arrive












L'intrus

L'INTRUS


Parfois, tu le sais, en mode absence, par ma volonté ou par l'intrus qui débarque

J'avale un discours arrogant et dormant debout, je m'égare en  me toussant la cervelle

Il fait froid, le ventre me gargouille sa misère et je dérive loin de ta chaleur, encore...

Tout est pourtant si clair quand matin sur matin je tombe et touche une grâce nouvelle

Quand tout près je t'entends, respirer dans la chaleur brûlante des midis sans nuages

Et comme il est certain que la bonté n'a pas chez-moi de demeure

La question qui devrait tuer déferle, et je répond qu'il y aura pour moi une sentence

J'aurais cruellement besoin de cette sagesse joyau qui saurait m'affranchir des châtiments

Tout sacrifier pour fermer la porte et ne regarder qu'en haut...à l'intérieur


mercredi 21 décembre 2011

Le temps qui passe...





Car Il est vrai que toi tu files, telle une étoile en mode urgence
Que tu transportes nos soupirs, et la froideur de nos absences
Dans ton chariot long et ouvert, tu tardes à nous voir sourire
À déconstruire nos silences, et l'insolence de nos désirs

Temps qui voyage seigneur cruel, te vivre droit, coeur au présent
Ne rien garder du vent d'hier, ne rien commander de demain
Vivre docile pour le bohneur, coulant du ciel sur le chemin
Comme un baiser sur une joue, du coeur tranquille d'un enfant

Insaisissable au premier jour, drapé sous le feu des volcans
Une seconde comme un détour, je reviens à toi et j'attends
Sur moi ta marque sans bavure, ma peau vieillie trahit mes jours
Je replonge au coeur de ta vie pour y décompter mes amours