vendredi 26 août 2011

Je voudrais être un autre...



Je voudrais être un autre
Quand je courbe sous la rancune
Et que la nuit sans lune
Se détourne de ma cause
Je voudrais être un autre
Quand l'ennemi me torpille
Et que le doute comme une vrille transperce mon coeur morose


Je voudrais être un autre
Quand la peur me paralyse
Et que son fiel me grise
À la quasi overdose
Je voudrais être un autre
Quand je ne t'entends plus
Et que ces êtres déchus me poussent à la névrose



Je voudrais être un autre
Quand je cherche ton visage
Et que mon âme croise ma rage
Qui revenait de sa pause
Je voudrais être un autre
Bien plus droit et moins errant
Et sans jamais perdre ce temps qui s'émiette sous la nécrose

Je voudrais être un autre
Mais j'ai un Père qui me parle toujours
Qui malgré moi me couvre d'amour
Et me dirige à la délivrance
Là où toute violence
Ne trouvera plus de demeure
Ni dans le corps ni dans le coeur
De notre nouvelle alliance
Oui bien à l'abri des hommes
Qui voulaient tant nous éblouir
Bien qu'ils n'avaient rien à offrir de plus grand que ce que nous sommes...

mercredi 24 août 2011

À tout prix et désirer...

 
Un coeur proie dans l’adolescence trompée
 
La fureur d’être celui qui fier brille entre tous
Le plus secret de soi étalé aux perversions des faibles
Et l’odeur du danger qui s’évapore sur l’autre rive
Bien avant la peur qui éveillée tuerait l’innocence
Prier pour un rayon de miel et l’éloignement des vipères
Dans une vitrine un quidam interroge un souvenir
Chanter oui à la fraude aux pieds du Roi juif

Une estrade rose cristal pour pavoiser tranquille
Menacer l'intérieur le corps cloué à l'outrage
Le plus sacré de l'âme abandonné aux morsures des chiens
Mon sang sur leurs pelages en flambeaux cobalt
Bien après l'excuse de devoir nourrir la meute
Prier pour une main tendue et le bouclier de la Parole
À travers un mur de glace un prince et son écueil
Ce sera l'autre ou ce sera mon âme en pâture
Chanter oui au jeûne des vautours incrédules...


J'attends de lui...





 
J’oublie l’odeur du pain chaud de ce matin en dérive
Des pommiers fleuris à branches séchées comme doigts crochus
Je n’ai comme unique souvenir qu’une larme amère
Consumé les épilogues et les noblesses adultères

Qu’à cela ne tienne si debout je me marche toujours
Un marathon de rechutes qui construisent un bonheur
De pas plantés par prière aux visages ouverts des retours
J’attends de moi le rien craché tout rond de mes labeurs

J’attends de Lui l’amour coulé de son sang martyr
Une éternité douce dans l’enveloppe de sa lumière monarque
Un champ de lys blanc vanille pour y bercer mes soupirs
Un corps glorieux d'anaconda de titane en chair écarlate

 

Ami d'enfance...


Ami d’enfance
Je n'ai contre toi rien comme une haine sourde
J'ai cette crainte solide qui ne réclame plus d'adresse
Une ardeur méfiante d'un jour qui se construit lentement
Comme on commande à la tempête de n'oublier rien
Jusqu'à l'extinction intégrale des horizons de lumière

Nous partageons les mêmes amitiés de fissures

Celles des vacances et des mélodies où l'on s’évade
Qui chantent d'amants en exil au nord des fracas  
Qui ne s'invente qu'en rêveries pour trouver la paix
Quand ceux qui nous guident devant nous se lacèrent


Je n'aurai à vrai dire qu'un érable planté contre  mépris
J'y ferai flotter des mangeoires pour les hordes insouciantes
Et des lambeaux de lumière pour les corbeaux de notre espèce
Ce sera pour nous un pardon heureux profondément inhumain
Et nous boirons conquis à la trêve d'un retour sans promesse 

C'est à genoux...



C’est à genoux visage contre le bois rougi
Que j’implorais aux lueurs faibles et premières
Ce feu d’acier et envoûtant des nouveaux départs
Celui qui de l’homme ne pourrait jamais naître
Qu’on craint de perdre au mirage d’un démon
Dans une caresse de plaisir trompeur qui consume les serments
 
C’est prosterné ailleurs que dans mon corps fourbu
Qu’un ange aux yeux fauves flatta ma chevelure
Attentif aux larmes de mes incantations repentantes
Celles qui se pleurent dans une certitude de n’être rien
Affranchi de la tyrannie d’une ambition qui défigure
Et qui pourtant se porte fière en traître sourire serein
 
C’est en prières transporté dans la pureté des silences
Que Dieu hurle son urgence d’étreindre ses enfants
De les porter dans l’orage derrière son bouclier d’or
Pulvérisant les mensonges et les désespoirs ennemis
C’est en désertant de courage nos plus chers désirs
Que l’on peut danser au chant victorieux des délivrances.

mardi 23 août 2011

Je t'écris...

JE T’ÉCRIS
Je t'écris, comme un enfant fou, qui rêve de laisser fondre sa peine avec les neiges d'avril.

Je ne me suis pas questionné avant, les questions font trop souvent mal. Elles font mal et reviennent en tourments, avec la tombée des feuilles.

Moi, j'avais envie de cette douceur qui sait seulement monter des coeurs libres qui braquent ces soleils rouges, ceux qui tombent au bout des lacs avant les pénombres.

Non, pour t'écrire, pas de ces fardeaux inutiles, qu'on avait pourtant cru indispensables pour vaincre l'illusion de n'être rien.

Les hommes s'imaginent encore n'avoir aucun temps à perdre avec la vérité simple et crue: si nous sommes quoi que ce soit, nous n'y avons rien à voir.

Je t'écris, comme un grain de braise qui cherche, et qui creuse en brûlant jusqu'au coeur de Dieu, pour cet amour si brutalement désintéressé, si violent de tendresse qu'il enverrait détaler à l'épouvante ces anges de noirceur, ivres de mal, qui nous observent de ces univers de froidure, et qui manigancent notre perte.

Je sais que cet amour existe, partout, derrière l'intransigeance des tyrans ou du fouet des bourreaux imaginaires, que l'on s'invente pour mieux souffrir de contempler ce contrôle qui s'évapore de nos têtes bouillantes de colères millénaires.

Oui, nous portons leur rage d'airain et la nôtre une crème un sucre, sur nos épaules incapables, carburant sans gêne et sans réfléchir au syndrome du roi porcelaine. Roi de quoi et de qui si ma propre vie n'est pas la mienne et que ma patrie est ailleurs?

Je t'écris, finalement peut être, pour te confesser que je n'accorde que peu d'importance à ces miettes de souffrance qui quelque fois me colle aux tripes.



 Il y a quelque part, plus bas au sud et sur ces continents de sécheresse, de ces atrocités innommables qui imposent un respect entier comme un sourire d'enfant, et qui nous ramène sans aucune trace de manipulation, à cette réalité de conte de fée qui corrompt si entièrement notre sort de repu.