Ami d’enfance
Je n'ai contre toi rien comme une haine sourde
J'ai cette crainte solide qui ne réclame plus d'adresse
Une ardeur méfiante d'un jour qui se construit lentement
Comme on commande à la tempête de n'oublier rien
Jusqu'à l'extinction intégrale des horizons de lumière
Nous partageons les mêmes amitiés de fissures
Celles des vacances et des mélodies où l'on s’évade
Qui chantent d'amants en exil au nord des fracas
Qui ne s'invente qu'en rêveries pour trouver la paix
Quand ceux qui nous guident devant nous se lacèrent
Je n'aurai à vrai dire qu'un érable planté contre mépris
J'y ferai flotter des mangeoires pour les hordes insouciantes
Et des lambeaux de lumière pour les corbeaux de notre espèce
Ce sera pour nous un pardon heureux profondément inhumain
Et nous boirons conquis à la trêve d'un retour sans promesse
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