samedi 11 mai 2013

Foudre et forêts



 
 
Il n’y aura plus de nuages pour venir coiffer les forêts
Autant que toi, ils voyageront sans doute ailleurs
Leurs rondeurs et leurs liquides faussement coupables  
Auront accepté l’exil avec grâce, comme châtiment à leur innocence
Mais ils se savaient utiles et leurs plaies seront toujours fraîches

Ils ne reviendront hélas plus jamais rafraîchir les sécheresses
Ni scier de foudre les feuillus centenaires et les sapins au trépas
C'est désormais en décadence consentie que s'avaleront les secondes
Au siècle du moi métallique, la vengeance nourrie la panse des grenades
Ils sont pourtant déjà faméliques drapés dans leurs oriflammes calcinés

Nous resterons blottis, intègres dans l'étreinte du dernier Consolateur
Dépouillés des souffrances vampiriques que trafiquent les idoles
Planeront nos vies d'éther d'avoir abandonné nos hommeries sauvages
Sa puissance sera notre faiblesse pleurée à coup de confessions lucides
Entendues dans les lieux très hauts où les séraphins explosent en louanges


Nous ne posséderons plus que des instants à genoux devant les murailles
Des brindilles d'étoiles sur les yeux clos de nos têtes pieusement courbées
À Toi, qui a revêtu chaque grain de blé et rempli les mers de miracles…


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